Cours, Cédric, cours : The Path of the Every-Day Runner

Mots :: Peter Oliver // photos :: Alain Denis.

Tout a commencé le 24 novembre 2016, jour de l’Action de grâce des États-Unis de cette même année. Cédric Morisset a été saisi d’une inspiration à la Forrest Gump. Comme Gump l’a dit dans le célèbre film, « J’avais juste envie de courir », et c’est ainsi qu’il en fut pour Cédric Morisset alors âgé de 43 ans. Il avait entendu parler du défi de l’Action de grâce (Thanksgiving Challenge) lancé par le magazine Runner’s World — courir 40 jours consécutifs entre l’Action de grâce et le jour de l’An. Il a donc décidé de plonger et de relever le défi.

Dès le lendemain, il prend la route près de chez lui, à Blainville, juste au nord de Montréal. La seule exigence du défi est de courir au moins un mille (1,6 km) par jour, mais il a choisi de hausser la barre à deux kilomètres par jour. Étant un ancien joueur de hockey semi-professionnel et coureur occasionnel, il possédait les qualités athlétiques et la forme physique pour réussir.

 

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Cédric Morriset prend son remède quotidien le long de la Rivière du Nord. / Cedric Morriset takes a daily dose of medication along the Rivere du Nord. ALAIN DENIS

 

Relever le défi des 40 jours s’est révélé plutôt facile et c’est en l’accomplissant qu’il a pensé, comme Forrest Gump : « Pourquoi m’arrêter là? ». Il a donc poursuivi sa quête et continué à courir. « Peut-être que je peux viser les 100 jours », pensa-t-il. Il a ensuite visé six mois, puis un an. Et ainsi de suite. Et, l’histoire se répète jour après jour.

La course à pied quotidienne lui a permis de s’intégrer à la communauté des soi-disant « coureurs en série » — des gens qui, comme lui, se font un point d’honneur de courir tous les jours, sans exception — intempéries, blessures, maladie, événements de la vie — pas d’excuses! Il existe même un site Web pour les coureurs en série, runeveryday.com, et deux organisations officielles, Streak Runners International et la United States Running Streak Association. C’est au sein de cette toute petite sous-culture qu’il s’est trouvé une famille virtuelle avec qui partager ses pensées, suivre les rapports de progression et cultiver des amitiés.

 

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ALAIN DENIS

 

La course à pied fait partie de son quotidien au même titre, dit-il, que « se brosser les dents» . Peut-être, mais se brosser tous les jours est facile. Courir tous les jours? Pas aussi évident. La vie en décide parfois autrement. En tant que directeur régional pour le détaillant de sport Golf Town, Cédric Morisset voyage beaucoup et, sur la route, lors de réunions ou de repas avec les clients, il peut être difficile de trouver un moment pour courir. C’est pourquoi il a déjà couru dans le terminal de l’aéroport de Zurich. Il a couru à des heures invraisemblables, de jour comme de nuit. Ainsi, au tournoi des Maîtres de golf, après une journée sur le terrain avec un des fournisseurs de Golf Town et un souper plutôt bien arrosé, il a chaussé ses souliers à 2 heures du matin pour courir dans les rues sombres d’Augusta, en Géorgie.

Au terme de sa troisième année de course en série, jusqu’où ira-t-il? Il est à des années-lumière derrière le maître de la plus longue séquence de course de tous les temps et champion olympique britannique, Ron Hill. Il lui faudrait courir jusqu’à l’âge de 95 ans pour battre le record de plus de 52 ans établi par Hill. Selon Streak Runners International, Cédric Morisset est classé au 128e rang, ce qui le place, selon les normes officielles de SRI, dans le groupe des « néophytes », tout au plus. Trois années se sont écoulées depuis le début de son aventure et il est à peine reconnu comme débutant. La longue barbe à la Forrest Gump qu’il s’est fait pousser pendant la première année a peut-être disparu, mais pas la volonté de continuer à courir. « Je suis très déterminé et tenace », dit-il. Il estime que seuls une blessure invalidante ou un accident de voiture l’arrêteront. Mais, viendra peut-être le jour où il répétera les paroles de Forrest Gump : « Et comme ça, j’ai arrêté de courir ». Après tout, même la course de Hill s’est finalement terminée.

 


 

It began on November 24 of 2016, U.S. Thanksgiving Day of that year.  Cedric Morisset was smitten by a Forrest-Gump-like inspiration. As Gump said in the famous movie, “I just felt like running,” and so it was with the 43-year-old Morisset. He had heard about something called the Thanksgiving Challenge promoted by Runner’s World magazine—to run 40 straight days between Thanksgiving and New Year’s Day. Morisset decided to give it a go.

The next day, he hit the road near his home in Blainville, just north of Montreal. The Thanksgiving Challenge rule was to run least a mile (1.6 kilometres) per day, but Morisset upped the baseline to two kilometres per day. As a one-time semi-pro hockey player and occasional runner, he had the athleticism and fitness to pull it off.

Meeting the 40-day challenge proved easy enough, but at that point Morisset figured, in true Gump style: “Why should I stop?” He kept on running. “Maybe I can push this to 100 days,” he thought. He then aimed for six months, then one year. And so on. The routine kept on keeping on.

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Daily running became his entry into the community of so-called streakers—people who, like Morisset, make a point of running every day, with no exceptions for bad weather, illness, injury, or general malaise. There was a streakers’ website, runeveryday.com, and two official organizations, Streak Runners International and the U.S. Running Streak Association. In this tiny subculture, he found a virtual family for exchanging thoughts, progress reports, and camaraderie.

Running became as much a part of his daily regimen, he says, “as brushing my teeth.” Maybe so, but daily brushing is easy. Daily running… not so much. Life gets in the way. Morisset’s job as regional director for the sports retailer Golf Town requires considerable travel, and on the road, at meetings or dinners with clients, a time window for running can be hard to find. That’s why he has run in the airport terminal in Zurich. He has run at weird hours of the day or night. There was the time, for example, at the Masters golf tournament, when, after a day on the course with one of Golf Town’s suppliers and a dinner complicated by plenty of wine, he suited up at 2am to run in the dark streets of Augusta, Georgia.

So, after completing his third year of streaking, how far will he go? He is light years behind the all-time streak-meister, British Olympian Ron Hill; Morisset would have to run until he is 95 to break Hill’s record of more than 52 years. On Streak Runners International’s list, Morisset’s streak ranks 128, qualifying him, according to official SRI standards, as no more than a “neophyte.” Three years into this endeavour, he is barely a beginner. Maybe the long beard he grew, Forrest Gump style, for the first year of the streak is gone, but not the desire to keep running. “I’m very committed and a very stubborn guy,” he says. He figures only a disabling injury or car accident is going to stop him. But maybe a day will come when he repeats Gump’s run-ending words: “Just like that, my runnin’ days was over.” After all, even Hill’s streak eventually came to an end.

Excerpted from Vie en montagne, Winter 2020.

Quelles frontières / What Limit? Winter-Spring ’21 Vie en Montagne Out Now

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