Moving to Kuujjuaq, Nunavik—Quebec’s Arctic—a photographer finds himself awestruck by the people, the culture and the landscape.

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Skis aux pieds, tiré par un chien Husky, Daniel Cooper a le souffle coupé. C’est l’effet que l’immense territoire parsemé de toundra arctique a sur lui, plus que celui du ski joëring – un sport à mi-chemin entre la course de chiens de traîneaux et le ski de fond. Pour cet enseignant et photographe établi à Kuujjuaq, le froid glacial n’est certainement pas ce qui l’empêche de profiter de l’hiver. Que ce soit en raquettes, en patins, en ski de fond, en camping ou en tentant de rouler en monocycle sur la neige, tous les moyens sont bons pour s’activer.

L’adepte de plein air a délaissé les Laurentides il y a un an pour la terre des Inuits : le Nunavik. Un nouveau départ pour celui qui cherchait à en apprendre davantage sur le Nord du point de vue de ses Premiers peuples ; enseigner dans une école secondaire et vivre tel un invité dans la communauté de Kuujjuaq. Située à des milliers de kilomètres des agglomérations urbaines du Québec, la plus grande communauté du Nunavik, dont la population est évaluée à 2 754 âmes, était tout indiquée pour un tel changement de cap.

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Pour Cooper, ce ne sont là que des chiffres – ce qui importe réellement, c’est l’essence de Kuujjuaq. Ici, dit-il, la magie est partout. Dans les mots échangés en inuktitut, une langue aussi douce que la poésie. Dans la foisonnante culture inuite. Dans la résilience. Dans l’odeur réconfortante du thé du Labrador. Dans l’immobilité de la buée expirée à l’aurore. Dans la splendeur de la rivière Koksoak à son embouchure dans la baie d’Ungava. Dans la puissance de la marée, récemment reconnue par les scientifiques comme l’une des plus grandes au monde. Dans le fracas des glaces au printemps. Dans la fougue du saumon remontant les rivières. Dans la faune – le chant du corbeau et l’habitat du bœuf musqué, du loup, du renard arctique, du harfang des neiges, du lièvre d’Amérique, du lynx, du lemming, du lagopède, de l’ours noir et bien d’autres. Dans la voûte céleste et l’attraction de la pleine lune. Et évidemment, si l’on est patient, dans le spectacle des aurores boréales dansantes.

Aussi loin que Cooper se souvienne, vivre dans le Nord était l’un de ses rêves. « Enfant, mon enseignante de troisième année était partie visiter le Nunavut. À son retour, elle avait fait le récit de son expérience en classe. La fascination est restée. » Il se rappelle ensuite avoir dessiné des épaulards, des ours polaires et dévoré des histoires sur l’Arctique.

 

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Quand le photographe quitte son emploi à Mont-Tremblant après dix ans, pour enseigner l’anglais à Kuujjuaq, il a le sentiment que tout s’aligne. C’est à son tour de se tenir devant une classe et inspirer les jeunes à rêver leurs propres rêves. La boucle est bouclée.

Cooper se retrouve dès lors parmi une masse de jeunes – environ un quart de la population de Kuujjuaq est âgé de moins de 14 ans. Curieux, intelligents, athlétiques et empathiques : c’est ainsi qu’il décrit ses élèves. « Je me sens chanceux d’enseigner oui, mais surtout d’apprendre quotidiennement d’eux », confie l’enseignant de 1re secondaire.

Le voilà loin de la solitude dont plusieurs l’avaient prévenu avant son départ pour le 55e parallèle. De fait, déménager à Kuujjuaq n’a pas été aussi ardu qu’il se l’était imaginé (exception faite d’une étrange envie de poulet St-Hubert). Pour Cooper, c’est la communauté qui a fait la différence.

Pour l’instant, c’est en anglais ou en français qu’il échange avec la communauté. Puisque 99 % des Nunavimmiut – les habitants du Nunavik – parlent couramment l’inuktitut, Cooper caresse le rêve d’un jour pouvoir converser dans cette langue. Alors qu’il s’attèle à en apprendre les rouages, ses apprentissages dépassent largement ceux du langage. « Je sens que les Inuits ont tellement à nous apprendre : leur patience sans borne, la richesse de leurs traditions orales, la façon dont ils n’élèvent traditionnellement jamais la voix, leurs valeurs familiales et communautaires, leur profond respect de la nature, la franchise de mes étudiants. »

 

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Le photographe compte bien poursuivre ses explorations nordiques cet hiver. D’abord, en offrant de son temps à Nurrait – un programme éducatif d’intervention en plein air –, en visitant le cratère des Pingualuit, et possiblement, en entreprenant une expédition de ski de randonnée dans les monts Torngat, au parc national Kuururjuaq. Au-delà des aventures galvanisantes à venir, l’enseignant consacrera la majorité de son énergie à suivre le meilleur conseil qu’il ait reçu depuis qu’il a foulé le sol du Nord : « Parle avec tes oreilles, sois patient, écoute sincèrement. Sois réceptif au fait que la plupart des choses que tu as vues, lues ou entendues sur le Nord ne sont rien d’autre qu’une opinion. »

Pour en savoir plus sur les Premières Nations de l’Arctique canadien, Daniel Cooper recommande les œuvres littéraires inuites Croc fendu, Saqiyuq, Indigenous Writes et celles qui traitent du Nunavik Le Droit au froid et la série Voices and Images of Nunavimmiut.

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Skiing across the tundra and being pulled by a husky, Daniel Cooper finds himself awestruck by the vast land that never seems to end. For this teacher and photographer living in Kuujjuaq, the glacial temperature of winter here is no obstacle to skijoring—a sport combining sled dog racing and cross-country skiing. Nor is it to backcountry skiing, snowshoeing, ice skating on the river, winter camping or attempting to ride his unicycle in the snow.

 

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One year ago, this outdoor enthusiast moved from the Laurentians to the lands of Nunavik’s Inuit. Looking to explore new departures, he aspired to learn about the north from generations of environmental stewards, teach in a local high school and live as a guest in the Inuit community of Kuujjuaq. Located thousands of kilometres away from Quebec’s metropolitan centers, moving to Nunavik’s largest community (population: 2,754) would definitely be a step toward embracing this new life.

To Cooper, these are just numbers—what truly matters is the powerful essence felt in Kuujjuaq. Here, he says, the magic is everywhere. In the Inuktitut conversations that flow like poetry. In the rich Inuit culture. In its resilience. In the comforting scent of Labrador tea. In the way one’s breath lingers in the stillness of sunrise. In the immensity of the Koksoak River that flows into the Ungava Bay. In the power of what scientists have recently recognized as one of the world’s highest tides. In the surges of crushing ice in spring.

In the majesty of the salmon in the river. In the wildlife—the singing of the ravens and the domain of muskox, wolf, arctic fox, snowy owl, snowshoe hare, lynx, lemming, ptarmigan, black bear and so much more. In the brilliance of the night sky and the pull of a full moon. And of course, when you are patient, in the simple gesture of laying out under the incredible dance of the northern lights.

As long as Cooper can remember, it was one of his dreams to live in the north one day. “When I was growing up, I had a third grade teacher who had visited Nunavut. On her return, she shared her experience in the classroom. The curiosity never really left me.” He recalls drawing pictures of killer whales, polar bears and devouring stories of survival in the Arctic.

 

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So when Cooper leaves his life in Mont-Tremblant after over a decade to embark on this transition, the shift feels like it is about time. A reflection of his childhood aspirations, this time he would be the one standing in front of a classroom, hoping to inspire others to dream their own dreams. With approximately a quarter of Kuujjuaq’s population under 14 years old, Cooper would find himself daily interacting with youth, who, according to him, are curious, incredibly intelligent, athletic and empathetic. “I consider myself lucky as not only am I teaching, but I’m learning so much every day from my students,” says the secondary school English teacher. Although many people warned him about northern isolation, moving to Kuujjuaq was not as difficult as he had anticipated—aside from maybe a weird craving for St-Hubert’s rotisserie chicken. What made the difference was the community.

 

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Cooper says he feels welcomed by the community speaking in English or French. With 99 per cent of Nunavik Inuit fluent in Inuktitut, his goal is to one day be able to have a conversation in Inuktitut. Yet as he tries to master the basics, Cooper’s learning goes way beyond the language. “I feel like the Inuit have so much to teach us. The deep mindfulness of patience, the richness of oral traditions, the way Inuit traditionally never raise their voice in anger, the sense of one united family, the community, the deep respect for nature, the blunt and wonderful honesty of my students.”

This winter, the photographer aspires to keep up with his exploration of the outdoors—volunteer in outdoor intervention programs such as the Nurrait Program, see the Pingualuit crater and possibly throw himself into a backcountry ski expedition in the Torngats in Kuururjuaq National Park. The teacher will also keep diving inwards to follow the best advice he has been given in the north: “Speak with your ears, be patient, truly listen, and be open to the reality that most of what you may have read or been told about the north was nothing but opinion.”

For further information about First Nations life in the Canadian Arctic, Daniel Cooper recommends books written by Inuit such as Split Tooth, Saqiyuq, Indigenous Writes and especially relevant to Nunavik, The Right To Be Cold and the series Voices and Images of Nunavimmiut.

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